Sharenting

Sharenting, sécurité en ligne pour les enfants

Sharenting—c’est quoi? Tu te poses peut‑être la même question que moi. Honnêtement, je ne savais pas ce que ça voulait dire jusqu’à ce que je tombe sur un court documentaire à ce sujet. Ça m’a paru tellement pertinent que j’ai pensé que ça valait la peine d’écrire un article de blog.

En termes simples, sharenting fait référence aux parents qui partagent publiquement des informations sur leurs enfants en ligne—des photos, des vidéos, des étapes importantes ou des histoires personnelles—généralement sur les réseaux sociaux. Le mot lui‑même est un mélange de “partage” et “parentalité.” En son cœur, cela décrit comment les mamans et les papas créent une empreinte numérique pour leurs enfants, parfois des années avant que ces derniers ne soient assez grands pour choisir par eux‑mêmes.

À 5 ans, l’enfant moyen a 1500 photos de lui en ligne, oui c’est une étude américaine et oui, cela peut être moins en Europe, mais le problème reste le même, nous, les parents, publions des photos de nos enfants sans leur consentement et c’est seulement une partie des problèmes.

On ne s’en rendait pas compte à l’époque. Je l’avoue, j’étais coupable moi‑même. Quand Facebook est sorti vers 2006, notre premier enfant n’avait qu’un an. Tout était nouveau et excitant. C’était tellement naturel—et même amusant—de publier les photos de nos enfants en ligne, surtout à l’époque, quand on n’avait généralement qu’un petit cercle d’amis, surtout ceux qui vivaient à l’étranger, partager nos vies nous rapprochait.

Ce n’est que plus tard qu’on a entendu de plus en plus parler des dangers, comme :

Confidentialité et sécurité des données

Partager des photos en ligne peut, sans le vouloir, exposer des données sensibles sur l'identité, la localisation et la vie quotidienne d'un enfant. Les smartphones modernes et les plateformes sociales ajoutent souvent des métadonnées (comme les coordonnées GPS et les horodatages) aux images, que les criminels peuvent exploiter pour suivre les déplacements et les habitudes d'une famille. Même si les parents ne pas mentionner explicitement leur localisation, les données cachées dans les photos ou les détails en arrière‑plan peuvent la révéler. Cela signifie qu’une photo innocente du “premier jour d’école” (avec le nom/logo de l’école visible ou les tags de localisation activés) pourrait fournir à un inconnu les informations nécessaires pour retrouver cet enfant dans la vie réelle.

Un autre danger qui grandit et que les parents négligent souvent, c’est la reconnaissance faciale et l’extraction de données. Dès que vous postez une photo de votre enfant, vous perdez le contrôle sur la destination de cette image. Les réseaux sociaux, ce n’est pas seulement une question d’amis et de famille qui font défiler — les entreprises technologiques (et parfois des acteurs louches) récupèrent constamment des photos sur Internet.

Les recherches montrent qu’environ 80 % des parents ont des contacts sur les réseaux sociaux qu’ils ne connaissent pas vraiment dans la vraie vie. Cela signifie que même tes publications “amis‑seulement” ne sont peut‑être pas aussi privées que tu le penses.

Et voici un autre point que la plupart des parents négligent : quand tu télécharges une photo sur une plateforme, tu accordes souvent à l’entreprise de larges droits sur cette image. En d’autres termes, une fois qu’elle est en ligne, la photo de ton enfant peut se retrouver partout où tu n’avais pas prévu.

Ça ne pourrait jamais nous arriver. Nous ne sommes qu’une famille normale—nous ne sommes pas célèbres, et nous ne sommes certainement pas riches. Pourquoi quelqu’un voudrait‑il nous viser ? Peut‑être personne. Peut‑être quelqu’un. Mais demandez‑vous : voulez‑vous vraiment prendre le risque que les photos de votre enfant apparaissent n’importe où, sans votre contrôle—et pire, sans le consentement de votre enfant parce qu’il était trop jeune pour le donner ? Nos enfants grandissent. Un jour, nous serons devant eux et nous devrons répondre de ce que nous avons partagé.

En tant que missionnaires, on envoie des bulletins à nos amis et soutiens. J’ai pris l’habitude de demander d’abord à nos enfants avant d’inclure leurs photos. C’était mon idée géniale ? Pas du tout. Ils m’ont dit qu’ils n’étaient pas contents de certaines photos que j’avais publiées et qu’ils voulaient être consultés d’abord. C’était dur à entendre, mais ils avaient raison. C’est aussi leur histoire.

Leur honnêteté m’a vraiment touché. Cela m’a rappelé que nos enfants ne sont pas seulement extensions de notre ministère ou partie de nos mises à jour — ils sont de véritables individus avec leur propre voix, leur propre dignité, et leur propre histoire.

Ce que je considérais comme un simple petit instantané innocent, ils l’ont vécu comme une rupture de confiance. Et honnêtement, ça m’a frappé. Quand j’ai ralenti, vraiment écouté et apporté des changements, je n’étais pas seulement en train de corriger une erreur — je leur montrais quelque chose de plus profond : que leurs voix comptent, et que leurs limites méritent d’être protégées.

Ce n’est pas toujours pratique, mais cela en vaut la peine. Parce que si je ne peux pas honorer leur 'no' dans quelque chose d’aussi petit qu’une photo, comment puis‑je m’attendre à ce qu’ils me fassent confiance pour les enjeux plus importants de leur vie ? Cela peut vous sembler exagéré, mais l’un de nos principaux objectifs en tant que parents est de devenir les confidents de confiance de nos enfants—ceux avec qui ils se sentent assez en sécurité pour parler de tout. Mais voici le danger : lorsque nous continuons à prendre des décisions en leur nom sans réel bénéfice pour eux, nous risquons de briser cette confiance. Ils grandiront et finiront par découvrir ce que nous avons publié à leur sujet—souvent pendant ces années adolescentes délicates, où nous devrions renforcer les bases que nous avons posées pendant leur enfance. Et quelque chose d’aussi simple que les nombreuses publications, faites sans leur consentement, peut être ce qui la fissure.

Et soyons honnêtes à propos des données sensibles et de la localisation. Un camarade étudiant m’a parlé d’un(e) Instagrammeur(se) bien connu(e) dans leur immeuble à Barcelone. Elle a publié avec joie qu’elle était en vacances. Des voleurs ont vu les publications, ont fait le lien, et ont pénétré dans son appartement. C’est ainsi que le simple fait de “just sharing” en ligne peut rapidement devenir un risque réel—non seulement pour elle, mais aussi pour les autres. Une fois les voleurs à l’intérieur du bâtiment, ils pouvaient facilement vérifier quels autres appartements étaient vides. Mon amie espagnole a déclaré qu’elle ne se sentait plus en sécurité chez elle.

Nous nous disons souvent, “Ce genre de chose ne nous arrivera jamais.” Mais soyons honnêtes — aucun de nous n’est intouchable. Choisissons d’être sages, pas naïve.

Mais considérons un autre danger sombre :

Exploitation et manipulation

Ce n’est pas théorique. Les prédateurs volent régulièrement des photos de famille, y compris des images entièrement habillées, et les redistribuent dans les coins sombres d’internet. Certains créent de faux profils, d’autres échangent des images. Quand tu publies publiquement, tu peux fournir du contenu à des gens que tu ne rencontrerais jamais volontairement.

L’IA aggrave la situation. Les délinquants peuvent utiliser des photos de famille innocentes pour générer des images deepfake—des faux convaincants qui placent un enfant dans des scènes sexualisées. Une fois créés, ces fichiers se propagent rapidement et sont presque impossibles à effacer.

Les prédateurs (personnes qui essaient de gagner la confiance d’un enfant à des fins d’exploitation) peuvent également utiliser ces images comme outils. Par exemple :

  • Établir la confiance avec un enfant – Ils pourraient dire, “J’ai vu ta photo en ligne, tu as l’air si mature !” pour flatter et briser les limites.

  • Faire semblant d’être en sécurité – Ils pourraient utiliser des photos familiales personnelles pour créer un faux sentiment de familiarité, amenant un enfant à penser, “Ils en savent sur moi, ils doivent être dignes de confiance.”

  • Cibler les familles – Ils pourraient suivre des comptes qui publient plein de photos d’enfants pour découvrir les routines, les hobbies, les écoles ou les lieux.

Même “innocentes” photos—comme un enfant en tenue de sport, en uniforme scolaire ou à la plage—peuvent être sorties de leur contexte et mal utilisées.

En bref : ce qui commence comme un doux moment en famille peut, entre de mauvaises mains, devenir un outil d’exploitation ou de manipulation. La prise de conscience est la première étape pour protéger nos enfants.

Et ce n’est qu’un aperçu des nombreux risques qui peuvent découler du partage de la vie de nos enfants’ en ligne.

La plupart de nos enfants sont “online” avant they’re même nés. Nous publions des photos d’échographie, des photos de nouveau‑nés, des gâteaux d’anniversaire et des clichés du premier jour d’école. Au moment où ils deviennent adolescents, des milliers d’images d’eux peuvent déjà exister en ligne—et aucune n’a été postée par l’enfant lui‑même.

Ce qui nous semble mignon maintenant peut devenir très embarrassant plus tard. J’ai entendu des enfants dire qu’ils en veulent à ce que leur vie soit exposée sans qu’on leur demande. Et je comprends. Imaginez avoir 15 ans et que vos camarades ressortent cette histoire de propreté ou cette vidéo de crise. Ce qu’on trouvait “drôle” sur le moment devient leur honte.

Voici ce que j’ai appris : le respect, ça compte beaucoup. Trop d’entre nous ne demandent même pas à leurs enfants s’ils sont d’accord qu’on poste une photo, on ne le fait pas. Et certains continuent de publier même après que leur enfant a dit non. Ça brise la confiance.

Réfléchis-y—c’est quoi ton habitude de publier ? Tu partages chaque moment mignon, chaque étape, chaque petite mésaventure, sans t’arrêter pour te demander si ça honore vraiment ton enfant ? Ce qui peut sembler inoffensif ou même mignon aujourd’hui pourrait devenir une source d’embarras, de honte, voire de danger demain.

Demandez maintenant au Saint-Esprit. Parce que la vérité est que votre enfant n’est probablement pas assez âgé pour comprendre l’impact—mais vous l'êtes. Vous’avez été confié à la sagesse et au discernement. Vos choix d’aujourd’hui construisent soit la confiance, soit la méfiance, la sécurité ou l’exposition.

Ce n’est pas une question de peur ; c’est une question de gestion. Dieu vous a donné ces enfants à protéger, à couvrir et à élever avec dignité. Avant de cliquer sur “post,” demandez‑vous : Cela honore‑t‑il mon enfant ? Cela reflète‑t‑il le cœur de Dieu pour eux ? Parfois, la chose la plus aimante que vous puissiez faire, c’est de garder le moment juste pour votre famille, rangé dans les souvenirs plutôt que d’être affiché au monde.

Loi et éthique : où la culture se dirige

Le monde commence à se réveiller à ce sujet. De plus en plus de pays donnent aux enfants le droit légal d’exiger que les plateformes suppriment leurs photos. Les tribunaux commencent à reconnaître que la dignité d’un enfant compte plus que l’impulsion d’un parent à publier.

Mais honnêtement, même s’il n’avait aucune loi, nous devons quand même nous poser la question : À qui cela profite—à mon enfant ou à moi ? Si c’est principalement pour la validation, les likes, ou pour se créer une image, nous sommes sur la mauvaise voie.

On n’est pas les propriétaires de nos enfants—on en est les intendants. Dieu nous les a confiés. Et une bonne gestion signifie privilégier la confidentialité et la retenue.

Voici un test simple : seriez‑vous d’accord que cette photo et cette légende soient affichées sur un panneau publicitaire dans votre ville—aujourd’hui et dans dix ans ? Sinon, ne la publiez pas.

Psalm 127:3 dit, “Les enfants sont un héritage du Seigneur.” Cela signifie qu’ils sont des cadeaux précieux, pas des accessoires pour nos flux. Notre tâche est de protéger leur dignité, pas de paradiser leurs vies.

Jésus a donné un avertissement saisissant : “Quiconque fait trébucher l’un de ces petits qui croient en Moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui suspende une meule au cou et qu’il se noie dans les profondeurs de la mer” (Matthieu 18:6). Ces paroles me rappellent que protéger l’innocence de nos enfants n’est pas optionnel—c’est un devoir sacré.

Et Paul nous dit dans 1 Corinthiens 13 que l’amour “ne cherche pas son propre intérêt.” Ça veut dire que mes réseaux sociaux ne devraient pas chercher la gloire aux dépens de mon enfant.

Alors si tu n’es pas sûr·e ? Choisis la voie étroite. Partage moins. Protège plus. Laisse tes enfants grandir avec la confidentialité, l’intégrité et la liberté de raconter leur histoire quand ils seront prêts.


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